Agir au quotidien · conseil n° 1
Calcul empreinte carbone : faire son bilan carbone personnel en 10 minutes
En France, l'empreinte carbone moyenne se situe entre 8 et 9 tonnes d'équivalent CO₂ par personne et par an. La calculer en dix minutes permet de savoir quels gestes comptent vraiment pour vous.
Votre empreinte carbone, c'est la quantité totale de gaz à effet de serre émise pour produire et faire fonctionner tout ce que vous consommez en une année : vos déplacements, votre logement, votre alimentation, vos achats, mais aussi votre part des services publics. En France, elle se situe en moyenne entre 8 et 9 tonnes d'équivalent CO₂ par personne, selon les dernières estimations du ministère de la Transition écologique (SDES) et de l'Insee. Faire le calcul de son empreinte carbone, c'est-à-dire son bilan carbone personnel, est le meilleur point de départ : on découvre souvent que ce qui pèse le plus n'est pas ce qu'on imaginait.
Pourquoi c'est utile
On entend beaucoup de conseils pour le climat, et ils n'ont pas tous le même poids. Débrancher un chargeur, éteindre la lumière ou trier ses déchets sont de bonnes habitudes, mais leur effet sur une empreinte de plusieurs tonnes reste modeste. Un vol long-courrier, la façon dont on chauffe son logement ou la place de la viande rouge dans ses repas peuvent, à eux seuls, représenter une part importante du total.
Calculer son empreinte permet donc :
- de hiérarchiser : savoir quels sont vos deux ou trois postes les plus lourds, et concentrer vos efforts dessus ;
- de se fixer un objectif réaliste, mesurable d'une année sur l'autre ;
- d'éviter la culpabilité inutile : beaucoup de personnes s'inquiètent de gestes secondaires alors que leur principal levier est ailleurs.
Comprendre les chiffres
L'équivalent CO₂, c'est quoi ?
Le dioxyde de carbone (CO₂) n'est pas le seul gaz à effet de serre. Le méthane, émis notamment par l'élevage des ruminants, ou le protoxyde d'azote, lié aux engrais, réchauffent aussi l'atmosphère, chacun avec une intensité différente. Pour tout additionner, on convertit chaque gaz en « équivalent CO₂ » (CO₂e) : la quantité de CO₂ qui aurait le même effet sur le climat sur une période donnée, en général cent ans.
Empreinte ou émissions du territoire ?
Il existe deux façons de compter les émissions d'un pays :
- Les émissions territoriales : ce qui est émis sur le sol français (usines, voitures, chauffage, agriculture…). Elles étaient d'environ 6 tonnes par habitant en 2023.
- L'empreinte carbone : ce qui est émis, en France ou à l'étranger, pour satisfaire la consommation des Français. Elle inclut par exemple la fabrication en Asie d'un téléphone acheté en France. Elle est nettement plus élevée, car une grande partie de nos biens est importée.
C'est l'empreinte qui reflète le mieux l'effet de nos choix de consommation.
Où vont nos tonnes ?
Selon les études publiées par le SDES et par des organismes comme le Citepa, les trois premiers postes de l'empreinte moyenne d'un Français sont :
- Les transports, autour d'un quart à un tiers du total selon les méthodes, avec en tête la voiture et l'avion ;
- L'alimentation, environ un cinquième, dominée par la viande et les produits laitiers ;
- Le logement, environ un cinquième également, surtout à cause du chauffage.
Viennent ensuite les achats de biens (vêtements, appareils électroniques, meubles) et les services, dont une part dite « collective » (écoles, hôpitaux, routes, administration) que chacun partage et sur laquelle on agit surtout en tant que citoyen.
Quel objectif viser ?
Pour respecter l'accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement bien en dessous de 2 °C, les émissions mondiales doivent atteindre la neutralité carbone vers le milieu du siècle. Les outils de calcul français, comme celui de l'ADEME, retiennent souvent un repère d'environ 2 tonnes par personne et par an à l'horizon 2050. Il ne s'agit pas d'y arriver seul et tout de suite : une partie de la baisse viendra des transformations collectives (énergie décarbonée, transports, industrie). Mais les choix individuels peuvent, selon les études, réduire l'empreinte d'une part significative.
Comment faire, étape par étape
1. Faire le calcul de son empreinte carbone avec un calculateur public
Le plus simple est d'utiliser Nos Gestes Climat, le calculateur gratuit de l'ADEME, l'agence française de la transition écologique. Il ne demande ni inscription ni données personnelles. Il pose des questions sur :
- vos déplacements quotidiens (voiture, transports en commun, vélo) ;
- vos voyages en avion et en train de l'année ;
- votre logement (surface, chauffage, nombre d'occupants) ;
- votre alimentation (nombre de repas avec viande, produits laitiers) ;
- vos achats (vêtements, appareils, meubles).
Si vous ne connaissez pas une réponse exacte, une estimation suffit : l'objectif est l'ordre de grandeur.
2. Repérer vos deux postes principaux
À la fin, le calculateur affiche votre empreinte répartie par grandes catégories. Notez les deux plus importantes. Ce sont elles qui méritent votre attention, plus que tout le reste réuni.
Quelques profils fréquents :
- Vous prenez l'avion plusieurs fois par an : ce poste peut dépasser à lui seul tous les autres. Voir notre conseil Prendre le train plutôt que l'avion.
- Vous habitez une maison chauffée au fioul ou au gaz : le chauffage est probablement votre levier principal. Voir Chauffer son logement à 19 °C.
- Vous mangez de la viande rouge presque tous les jours : l'alimentation pèse lourd. Voir Manger moins de viande rouge.
- Vous faites tous vos trajets en voiture, même courts : voir Les trajets courts à pied ou à vélo.
3. Choisir un ou deux changements, pas dix
Les changements qui durent sont ceux qu'on choisit soi-même et qu'on peut tenir. Mieux vaut un geste fort adopté pour de bon que dix résolutions abandonnées au bout d'un mois. Le calculateur de l'ADEME propose d'ailleurs des actions classées selon l'effet qu'elles auraient sur votre propre profil.
4. Refaire le calcul dans un an
Gardez une trace de votre résultat (une capture d'écran suffit) et refaites le calcul l'année suivante. Voir son empreinte baisser est motivant, et permet d'ajuster ses efforts.
Les idées reçues à éviter
- « Mes petits gestes ne servent à rien. » Pris isolément, un geste peut sembler minuscule. Mais les choix de consommation de millions de personnes orientent l'offre des entreprises et rendent les politiques publiques plus faciles à mettre en place.
- « Tout se joue au niveau des États et des entreprises. » Les deux sont vrais à la fois : une partie importante de la baisse dépend de décisions collectives, et une autre partie dépend de nos choix individuels. L'un n'empêche pas l'autre.
- « Le tri des déchets, c'est l'essentiel. » Trier est utile, notamment pour les ressources, mais son effet sur l'empreinte carbone est modeste comparé aux transports, au chauffage ou à l'alimentation.
En résumé
- L'empreinte carbone moyenne d'un Français se situe entre 8 et 9 tonnes d'équivalent CO₂ par an.
- Transports, alimentation et logement en représentent la plus grande part.
- Un calcul de dix minutes suffit pour identifier vos deux postes principaux.
- Concentrez-vous sur un ou deux changements importants, et mesurez vos progrès d'une année sur l'autre.