Agir au quotidien · conseil n° 5
Trajets courts à pied ou à vélo : bon pour le climat et la santé
Selon l'Insee, 60 % des actifs qui habitent à moins de 5 km de leur travail s'y rendent en voiture. Ces trajets courts sont les plus faciles à remplacer par la marche ou le vélo, avec des bénéfices pour le climat, la santé et le budget.
La voiture est le premier poste d'émissions des transports du quotidien. Or une bonne partie des trajets en voiture sont courts : selon l'Insee, en 2017, 60 % des actifs habitant à moins de 5 kilomètres de leur lieu de travail s'y rendaient en voiture, et la moitié de ceux qui habitaient à moins d'un kilomètre aussi. Ces trajets sont les plus faciles à remplacer : à vélo ou en vélo électrique, 5 km se parcourent en une vingtaine de minutes ; à pied, un kilomètre en une quinzaine de minutes.
Pourquoi les trajets courts en voiture pèsent plus qu'on ne le croit
Le moteur froid
Un moteur thermique consomme davantage au démarrage, tant qu'il n'a pas atteint sa température de fonctionnement. Sur un trajet de quelques kilomètres, la voiture roule une grande partie du temps moteur froid : la consommation et les émissions par kilomètre sont donc plus élevées que sur un long trajet.
Une voiture pour une personne
Pour les trajets du quotidien, la voiture transporte le plus souvent une seule personne. Selon les données de l'ADEME, une voiture thermique avec une seule personne à bord émet de l'ordre de 200 grammes d'équivalent CO₂ par kilomètre, fabrication du véhicule comprise. Un aller-retour quotidien de 2 × 4 km, 220 jours par an, représente ainsi environ 1 760 km et de l'ordre de 350 kg d'équivalent CO₂ par an.
Et ce n'est pas que le climat
Les trajets courts en ville concentrent aussi la pollution de l'air, le bruit et les embouteillages. Moins de voitures sur ces trajets, c'est un air plus sain pour tout le monde, et notamment pour les enfants autour des écoles.
Ce que disent les données
- Insee, 2021 (recensement de 2017) : 60 % des actifs qui travaillent à moins de 5 km de chez eux utilisent la voiture pour s'y rendre.
- Voiture thermique, une personne à bord : de l'ordre de 200 g d'équivalent CO₂ par kilomètre selon les données de l'ADEME.
- Vélo et marche : quasiment aucune émission à l'usage. Même un vélo à assistance électrique, en comptant la fabrication de la batterie, émet par kilomètre bien moins qu'une voiture.
- Santé : l'Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes au moins 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée par semaine. Vingt minutes de vélo par jour ouvré suffisent presque à atteindre cet objectif.
Comment faire, concrètement
1. Identifier vos trajets de moins de 5 km
Pendant une semaine, notez vos déplacements en voiture et leur distance : travail, école, courses, boulangerie, activités des enfants. Vous serez peut-être surpris par le nombre de trajets courts. Commencez par ceux qui sont les plus simples à faire autrement.
2. Marcher pour les très petits trajets
En dessous d'un ou deux kilomètres, la marche est souvent aussi rapide que la voiture une fois compté le temps de se garer. C'est aussi un moment pour se détendre ou passer un appel.
3. Essayer le vélo ou le vélo électrique
Le vélo est le mode le plus rapide en ville pour des distances jusqu'à environ 5 km, et le vélo à assistance électrique étend cette distance à 10 km ou plus, sans arriver en sueur et en gommant les côtes. Pour vous lancer :
- testez le trajet un week-end, au calme, pour repérer les pistes cyclables et les rues tranquilles ;
- de nombreuses villes proposent des vélos en libre-service ou des locations longue durée, idéales pour essayer avant d'acheter ;
- des aides à l'achat d'un vélo existent selon les collectivités : renseignez-vous auprès de votre commune ou de votre région ;
- votre employeur peut vous verser un forfait mobilités durables pour vos trajets à vélo : demandez-lui.
4. S'équiper pour rouler en sécurité
Un bon antivol, des lumières avant et arrière, un gilet ou des vêtements visibles la nuit, et un casque, obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans et vivement conseillé pour tous. Un garde-boue et une sacoche rendent le vélo bien plus pratique au quotidien, même sous la pluie.
5. Combiner les modes
Pour les trajets plus longs, le vélo ou la marche peuvent se combiner avec les transports en commun : vélo jusqu'à la gare, puis train ou bus. Le covoiturage permet aussi de diviser les émissions d'un trajet en voiture par le nombre de passagers.
6. Et si vous gardez la voiture
Pour les trajets où la voiture reste indispensable, une conduite souple (anticiper, éviter les accélérations brusques, respecter les limitations) réduit la consommation. Bien gonfler ses pneus et retirer les coffres de toit inutilisés aussi.
Les idées reçues à éviter
- « Le vélo, c'est dangereux. » Le risque existe, mais il diminue avec les aménagements cyclables et le nombre de cyclistes. Les études de santé publique concluent généralement que les bénéfices de l'activité physique dépassent largement les risques.
- « Je n'ai pas le temps. » En ville, pour moins de 5 km, le vélo est souvent aussi rapide que la voiture, sans recherche de place ni embouteillages. Et il remplace parfois une séance de sport.
- « Il pleut trop. » Avec un équipement adapté, on roule sous la pluie plus souvent qu'on ne le croit. Et rien n'oblige à prendre le vélo tous les jours : quelques trajets par semaine font déjà une différence.
En résumé
- 60 % des actifs habitant à moins de 5 km de leur travail y vont en voiture, selon l'Insee.
- Un trajet court en voiture émet beaucoup par kilomètre, à cause du moteur froid et du faible remplissage.
- À pied ou à vélo, ces trajets n'émettent quasiment rien et améliorent la santé.
- Commencez par repérer vos trajets courts, essayez le vélo un week-end, et renseignez-vous sur les aides.