Agir au quotidien · conseil n° 2

Prendre le train plutôt que l'avion : le geste le plus efficace

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Par kilomètre parcouru, un TGV émet des dizaines de fois moins de gaz à effet de serre qu'un avion. Pour les voyages en France et en Europe, choisir le train est souvent le geste le plus efficace de l'année.

Si vous prenez l'avion, c'est très probablement votre levier le plus important pour réduire votre empreinte carbone. Un seul aller-retour long-courrier peut représenter une part considérable de l'empreinte annuelle d'un Français, qui se situe entre 8 et 9 tonnes d'équivalent CO₂. Et pour un même trajet en France ou en Europe, le TGV émet, par passager et par kilomètre, des dizaines de fois moins de gaz à effet de serre que l'avion, selon les données de l'ADEME.

Pourquoi l'avion pèse si lourd

La distance et la vitesse

Le premier facteur est simple : l'avion permet de parcourir en quelques heures des distances qu'on ne ferait jamais autrement. Un aller-retour Paris–New York représente environ 12 000 km ; un aller-retour vers l'Asie du Sud-Est, plus de 20 000 km. Même avec un avion moderne et plein, ces distances se traduisent par des centaines de kilogrammes, voire plusieurs tonnes, d'équivalent CO₂ par passager.

Le kérosène, brûlé en altitude

Un avion brûle du kérosène, un carburant fossile. Chaque litre brûlé libère du CO₂. Mais ce n'est pas tout : en altitude, les moteurs émettent aussi des oxydes d'azote et de la vapeur d'eau, qui forment des traînées de condensation et, parfois, des nuages artificiels. Ces effets dits « hors CO₂ » réchauffent eux aussi l'atmosphère, à court terme. C'est pourquoi l'ADEME et de nombreux calculateurs comptent des émissions par kilomètre plus élevées que celles du seul CO₂, souvent de l'ordre du double.

Les décollages et atterrissages

Sur un vol court, le décollage et la montée, très gourmands en carburant, représentent une part importante du trajet. Par kilomètre, un vol court émet donc souvent davantage qu'un vol long.

Ce que disent les données

Les facteurs d'émission varient selon les sources, l'année, le taux de remplissage et la prise en compte des traînées. Les ordres de grandeur publiés par l'ADEME et repris par la plupart des comparateurs sont les suivants, par passager et par kilomètre :

Le train à grande vitesse émet donc, par kilomètre, des dizaines de fois moins qu'un avion. Même en ajoutant la construction des voies et des rames, l'écart reste considérable. Dans d'autres pays européens, où l'électricité est plus carbonée, le train émet davantage qu'en France, mais reste en général bien en dessous de l'avion.

Comment faire, concrètement

1. Pour les trajets en France : réflexe train

Pour la plupart des grandes villes françaises reliées par TGV, le train est compétitif en temps de porte à porte : il part et arrive en centre-ville, sans contrôle de sécurité ni attente au bagage, et permet de travailler ou de se reposer pendant le trajet. Sur des trajets comme Paris–Lyon, Paris–Bordeaux ou Paris–Marseille, l'avion fait rarement gagner du temps une fois tous ces éléments comptés.

2. Pour l'Europe : le train, de jour ou de nuit

Londres, Bruxelles, Amsterdam, Genève, Barcelone, Milan ou Francfort sont accessibles en train depuis Paris en quelques heures. Pour des destinations plus lointaines, les trains de nuit reviennent en Europe : on part le soir, on dort, on arrive le matin, en économisant une nuit d'hôtel. Planifier quelques semaines à l'avance permet souvent de trouver des tarifs intéressants.

3. Pour les longs voyages : moins souvent, plus longtemps

Pour les destinations hors d'Europe, l'avion reste souvent la seule option réaliste. Le levier devient alors la fréquence :

4. Pour les déplacements professionnels

Beaucoup de réunions peuvent se tenir en visioconférence. Pour les autres, de nombreuses entreprises ont adopté des règles simples, comme le train obligatoire en dessous d'une certaine durée de trajet. Vous pouvez proposer ce type de règle dans votre structure.

5. Redécouvrir les destinations proches

La France et ses voisins regorgent de destinations accessibles en train : montagne, littoral, grandes villes, parcs naturels. Le voyage lui-même peut faire partie des vacances.

Les idées reçues à éviter

En résumé

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